le Sangria pour Voiles et Voiliers

Cette fiche de « Voiles et Voiliers » est parue dans le n°353 de juillet 2000.
Elle a été conçue, réalisée et rédigée par FX Ricardou (et reproduite avec son aimable autorisation)
Les photographies sont également de FX Ricardou et les illustrations de François Chevalier.

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PORTRAIT EXPRESS

Le « Sangria » est le voilier en polyester le plus produit à ce jour avec 2.336 unités. Dès sa sortie, en 1969, ce plan Harlé a révolutionné le marché grâce à un prix abordable et des emménagements atypiques pour l’époque, avec une vraie cabine avant et un WC isolé. Le « Sangria » possède une esthétique particulière, avec son rouf assez proéminent pour offrir de la hauteur sous barrots dans le carré. Certains lui reprochent de manquer un peu de personnalité, mais sa simplicité emporte tous les suffrages …

PERFORMANCES ET COMPORTEMENT

Le « Sangria » bouchonne un peu et n’aime pas le clapot au près serré. C’est sur mer plate qu’il allonge le plus. Là, il reste performant, même par rapport à un bateau récent. Son maniement au portant est sportif, car il manque de stabilité, avec un safran peu profond et un arrière étroit. Il reste néanmoins bon marcheur et sait faire le dos rond quand le vent se lève.

La courbe polaire
La polaire de vitesse est en quelque sorte la fiche d’identité des performances d’un voilier. Elle se présente sous la forme d’un graphique sur lequel sont tracées des courbes de vitesse en fonction de la force du vent. Pour établir ces courbes, on mesure depuis le près jusqu’au vent arrière, la vitesse du bateau et l’angle de la route par rapport au vent réel. Sur la courbe ci-contre, la polaire en bleue correspond aux vitesses obtenues par 15 nœuds de vent réel ( à 90° la vitesse du bateau est de 5,5 nœuds, à 160° elle est de 4 nœuds, etc…) Au près, le haut de la courbe correspond au VMG (Velocity Made Good) qui représente le meilleur compromis entre le cap et la vitesse.
L’établissement d’un tel graphique permet de connaître avec précision les performances de son bateau.

CONSTRUCTION ET GRÉEMENT

La coque est en stratifié de verre, la quille en fonte est boulonnée. Le safran est suspendu avec un aileron protégeant sur l’avant. Largement échantillonné, l’ensemble a généralement bien résisté au temps. Seul le gelcoat de la coque, surtout lorsqu’il est de couleur orange passe avec les années et réclame une peinture. Le gréement en tête est simple et solide avec un étage de barres de flèche et deux bas-haubans, avant et arrière, qui maintiennent bien le mât en longitudinal dans la mer formée.

EMMÉNAGEMENTS

Le « Sangria » se démarque des unités de son époque par l’apparition d’une véritable cabine avant isolée du carré ainsi que par un WC séparé. Seul le carré, sous le rouf, possède la hauteur sous barrots. La table à cartes coulisse sous le banc de cockpit et au-dessus de la couchette bâbord. Face à elle, la cuisine possède un évier et, placé derrière lui, un réchaud un feu. La table amovible du carré peut s’installer dans le cockpit.

FICHE TECHNIQUE

Prix moyen du bateau (suivant l’année et l’état) entre 40.000 F  (6.100 €) et 100.000 F  (15.250 €)
prix des pièces détachées

mât : 8.800 F soit 1.340  grand-voile : 5.300 F soit 810
bôme : 2.150 F soit 330 foc : 6.200 F soit 950
gréement dormant : 4.350 F soit 670 spi : 7.200 F soit 1.100
gréement courant : 1.200 F soit 180 enrouleur : 4.850 F soit 740

ce qui est bien et … moins bien

Les plus… Les moins…
– Qualités marines – Comportement délicat au portant
– Bonne qualité de construction – Peu de rangements
– Volume intérieur – Cockpit pas immense

Les points à surveiller

– Le pont, qui peut se délaminer au niveau des passavants, à vérifier lors d’un achat
– Les moteurs d’origine – Renault-Couach ou Volvo – des « Sangria » équipés de moteurs in-bord
– Les vaigrages, souvent à revoir. Nombre de propriétaires ont d’ailleurs rajeuni l’intérieur
– L’électricité, souvent à reprendre à zéro sur les modèles de plus de vingt ans

l’avis de Voiles et Voiliers

Le « Sangria » est une unité parfaite pour se lancer dans la plaisance.
L’idéal est de trouver un modèle bien suivi avec un carnet d’entretien régulièrement suivi.

Référence : Article paru dans « Voiles et Voiliers » numéro 353 (juillet 2000).
Réalisation : FX Ricardou, illustrations de F. Chevalier.

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